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Jésus Fils de Dieu: métaphore ou réalité?

Exprimez-vous
L'appelation "fils de Dieu", dans l'Ancien Testament, est métaphorique. Cela désigne, par exemple, le peuple Elu:
Ex 4:22- Alors tu diras à Pharaon : Ainsi parle Yahvé : mon fils premier-né, c'est Israël.
On pourrait croire qu'il en est de même pour Jésus, et sans doute nombre de ses contemporains l'ayant appelé ainsi avaient cette compréhension.
Cependant, Pierre professe sa foi que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu:
Mt 16:13- Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : " Au dire des gens, qu'est le Fils de l'homme ? "
Mt 16:14- Ils dirent : " Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou quelqu'un des prophètes. " -
Mt 16:15- " Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? "
Mt 16:16- Simon-Pierre répondit : " Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. "
Mt 16:17- En réponse, Jésus lui dit : " Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t'est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux.
Pierre parle ainsi: "Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant", et non pas de cette façon: "Tu es le Christ, Fils du Dieu Vivant", comme si "Fils de Dieu" n'était qu'un titre. Il déclare que Jésus a une relation particulière, unique, avec Dieu, différente de celle des autres enfants d'Israël. Et que fait Jésus? Reproche-t-il à Pierre d'avoir perdu la raison, ou lui reproche-t-il de blasphémer? Non, au contraire, Jésus lui dit que c'est une révélation, et qu'elle vient de Dieu; Jésus insiste même sur sa filiation divine en disant "mon Père qui est dans les cieux" !
Pour montrer davantage l'unicité de la relation entre Jésus et son Père des Cieux, on peut citer Jean:
Jn 3:16- Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle.
Si on va plus loin dans la Bible, Jésus reconnait devant le Sanhédrin qu'il est le Fils de Dieu:
Lc 22:66- Et quand il fit jour, le conseil des Anciens du peuple s'assembla, grands prêtres et scribes. Ils l'amenèrent dans leur Sanhédrin
Lc 22:67- et dirent : " Si tu es le Christ, dis-le-nous. " Il leur dit : " Si je vous le dis, vous ne croirez pas,
Lc 22:68- et si je vous interroge, vous ne répondrez pas.
Lc 22:69- Mais désormais le Fils de l'homme siégera à la droite de la Puissance de Dieu ! "
Lc 22:70- Tous dirent alors : " Tu es donc le Fils de Dieu ! " Il leur déclara : " Vous le dites : je le suis. "
Lc 22:71- Et ils dirent : " Qu'avons-nous encore besoin de témoignage ? Car nous-mêmes l'avons entendu de sa bouche ! "
On peut noter la réaction de colère du Sanhédrin à l'annonce par Jésus de sa fillation divine; je ne crois pas que la réaction eut été si violente si le terme de "Fils de Dieu" était utilisé dans un sens métaphorique.
La croyance dans la filiation divine de Jésus est même nécessaire au salut, si l'on en croit Jean:
Jn 20:30- Jésus a fait sous les yeux de ses disciples encore beaucoup d'autres signes, qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Jn 20:31- Ceux-là ont été mis par écrit, pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu'en croyant vous ayez la vie en son nom.
Pour en savoir plus, reportez-vous au Catéchisme de l'Eglise Catholique, paragraphes 441 à 445.
III. Fils unique de Dieu
441 Fils de Dieu, dans l’Ancien Testament, est un titre donné aux anges (cf. Dt 32, 8 ; Jb 1, 6), au peuple de l’Élection (cf. Ex 4, 22 ; Os 11, 1 ; Jr 3, 19 ; Si 36, 11 ; Sg 18, 13), aux enfants d’Israël (cf. Dt 14, 1 ; Os 2, 1) et à leurs rois (cf. 2 S 7, 14 ; Ps 82, 6). Il signifie alors une filiation adoptive qui établit entre Dieu et sa créature des relations d’une intimité particulière. Quand le Roi-Messie promis est dit " fils de Dieu " (cf. 1 Ch 17, 13 ; Ps 2, 7), cela n’implique pas nécessairement, selon le sens littéral de ces textes, qu’il soit plus qu’humain. Ceux qui ont désigné ainsi Jésus en tant que Messie d’Israël (cf. Mt 27, 54) n’ont peut-être pas voulu dire davantage (cf. Lc 23, 47).
442 Il n’en va pas de même pour Pierre quand il confesse Jésus comme " le Christ, le Fils du Dieu vivant " (Mt 16, 16) car celui-ci lui répond avec solennité : " Cette révélation ne t’est pas venue de la chair et du sang mais de mon Père qui est dans les cieux " (Mt 16, 17). Parallèlement Paul dira à propos de sa conversion sur le chemin de Damas : " Quand Celui qui dès le sein maternel m’a mis à part et appelé par sa grâce daigna révéler en moi son Fils pour que je l’annonce parmi les païens... " (Ga 1, 15-16). " Aussitôt il se mit à prêcher Jésus dans les synagogues, proclamant qu’il est le Fils de Dieu " (Ac 9, 20). Ce sera dès le début (cf. 1 Th 1, 10) le centre de la foi apostolique (cf. Jn 20, 31) professée d’abord par Pierre comme fondement de l’Église (cf. Mt 16, 18).
443 Si Pierre a pu reconnaître le caractère transcendant de la filiation divine de Jésus Messie, c’est que celui-ci l’a nettement laissé entendre. Devant le Sanhédrin, à la demande de ses accusateurs : " Tu es donc le Fils de Dieu ", Jésus a répondu : " Vous le dites bien, je le suis " (Lc 22, 70 ; cf. Mt 26, 64 ; Mc 14, 61). Bien avant déjà, Il s’est désigné comme " le Fils " qui connaît le Père (cf. Mt 11, 27 ; 21, 37-38), qui est distinct des " serviteurs " que Dieu a auparavant envoyés à son peuple (cf. Mt 21, 34-36), supérieur aux anges eux-mêmes (cf. Mt 24, 36). Il a distingué sa filiation de celle de ses disciples en ne disant jamais " notre Père " (cf. Mt 5, 48 ; 6, 8 ; 7, 21 ; Lc 11, 13) sauf pour leur ordonner " vous donc priez ainsi : Notre Père " (Mt 6, 9) ; et il a souligné cette distinction : " Mon Père et votre Père " (Jn 20, 17).
444 Les Évangiles rapportent en deux moments solennels, le Baptême et la transfiguration du Christ, la voix du Père qui Le désigne comme son " Fils bien-aimé " (cf. Mt 3, 17 ; 17, 5). Jésus se désigne Lui-même comme " le Fils Unique de Dieu " (Jn 3, 16) et affirme par ce titre sa préexistence éternelle (cf. Jn 10, 36). Il demande la foi " au nom du Fils unique de Dieu " (Jn 3, 18). Cette confession chrétienne apparaît déjà dans l’exclamation du centurion face à Jésus en croix : " Vraiment cet homme était Fils de Dieu " (Mc 15, 39). Dans le mystère pascal seulement le croyant peut donner sa portée ultime au titre de " Fils de Dieu ".
445 C’est après sa Résurrection que sa filiation divine apparaît dans la puissance de son humanité glorifiée : " Selon l’Esprit qui sanctifie, par sa Résurrection d’entre les morts, il a été établi comme Fils de Dieu dans sa puissance " (Rm 1, 4 ; cf. Ac 13, 33). Les apôtres pourront confesser : " Nous avons vu sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité " (Jn 1, 14).

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